Capsules linguistiques

Capsules linguistiques

Expressions québécoises

Découvrez les mots et les expressions qui rendent la langue québécoise si unique.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

A

Abriller

Recouvrir quelqu’un d’un vêtement ou d’une couverture pour le.la protéger du froid.
Exemple : « Abrille-toi bien, il va faire froid cette nuit! »

Accrocher ses patins

Démissionner de son poste ou prendre sa retraite; abandonner une activité, jeter l’éponge. Cette expression québécoise utilise une image issue du hockey, sport de prédilection de la Belle Province.

Adonner

Le verbe « adonner » s’utilise pour parler de quelque chose qui se produit de façon fortuite, d’une coïncidence. Il peut avoir différentes nuances de sens selon le contexte.
Exemples : « Tu vas à Québec cette fin de semaine? Ça adonne que moi aussi! Faisons du covoiturage! »
« Je devais commencer mes cours de zumba ce soir mais ça adonne mal : mon fils est malade! »

A c't'heure (aussi orthographié « Astheure »)

Maintenant.
Exemple : « Paul a changé de carrière. Avant, il était comptable mais à c’t’heure, il est notaire. »

Cette expression a parfois aussi le sens de « de nos jours, à notre époque ».
Exemple : « Il y a 30 ans, c’était facile d’avoir un prêt de la banque mais à c’t’heure, il faut prouver qu’on est solvable. »

B

Beau temps, mauvais temps

Peu importe le temps qu’il fera ou qui est prévu.
Cette expression s’utilise pour expliquer qu’un évènement aura lieu même si les conditions météorologiques sont défavorables.
Exemple : « La cérémonie de collation des grades aura lieu en juin, beau temps, mauvais temps. »

Avoir le bec sucré

Si vous êtes gourmand et que vous avez une faiblesse pour le chocolat, les bonbons et autres sucreries, cette expression s’applique à vous! Avec l’arrivée du printemps, les Québécois vont se sucrer le bec dans une cabane à sucre pour déguster les produits de l’érable.

Bonne année, grand nez!

Si vous avez entendu cette étrange phrase, ne vous offusquez pas : c’est une façon assez commune au Québec de présenter ses vœux pour la nouvelle année. Pour rester dans le même esprit, il vous suffit de répondre : « Pareillement, grandes dents! »

Broche-à-foin

Se dit d’un objet mal conçu, mal fait, ou d’un évènement mal organisé.
Exemple : « Le souper-bénéfice d’hier était vraiment broche-à-foin : il manquait plusieurs noms sur la liste des participants, il n’y avait pas assez de chaises et le micro ne fonctionnait pas. Je ne pense pas que nous y retournerons l’année prochaine. »

C

Capoter

Ce mot peut avoir plusieurs sens selon le contexte. Il peut exprimer :
– une grande joie (exemple : « J’ai eu mon diplôme! Je capote! »);
– un sentiment de colère (exemple : « Paul ne m’a pas encore remboursé l’argent qu’il me doit depuis 3 mois. Je     capote! »);
– un sentiment d’anxiété, d’impuissance (exemple : « Quand j’ai appris qu’il avait eu un accident, j’ai capoté! »).
Si on ajoute « bin raide », on augmente l’intensité du sentiment.

Coudon! (aussi orthographié « coudonc »)

Cette interjection exprime la surprise, l’impatience ou l’incompréhension.
Ex: « Coudon, où sont mes clés? Ça fait 15 minutes que je les cherche partout! »

On entend également parfois « ben coudon », qui peut exprimer la résignation.
Ex: « Il pleut! Ben coudon, on ne sortira pas dans la cour cet après-midi. »

Vocabulaire québécois de saison - la cabane à sucre

Profitez de la fin de l’hiver pour profiter d’une expérience unique : la visite à la cabane à sucre! Vous y découvrirez comment on récolte et transforme l’eau d’érable pour en faire du sirop et le déguster sous toutes ses formes : en tire d’érable, en suçon, en sucre… Vous goûterez également aux produits du terroir préparés spécialement pour l’occasion : bines, omelette, jambon, oreilles de crisse, pouding chômeur, le tout généreusement arrosé de sirop d’érable, bien sûr!

D

Déjeuner, diner ou souper?

Tout comme en Belgique, les Québécois déjeunent le matin, dinent le midi et soupent le soir. Les Français, eux, semblent avoir perdu l’appétit et le gout pour la soupe : ils mangent un petit-déjeuner le matin, puis leur déjeuner, puis leur diner.

Dispendieux

Très cher.
Exemple : « Les loyers augmentent d’année en année et ils sont particulièrement dispendieux dans les grandes villes. »

C't'encore drôle!

Cette expression signifie « Ce n’est pas si sûr » et elle exprime un doute face à une affirmation qui a été dite comme une évidence.
Exemple :
« – Il paraît que l’hiver sera très froid cette année!
– C’t’encore drôle, on disait ça l’année dernière et finalement l’hiver a été doux. »

E

Épeurant

Cet adjectif formé à partir du mot « peur » est un synonyme de « effrayant » et il décrit quelque chose ou quelqu’un qui fait peur.
Exemple : « Les décorations d’Halloween de la maison du voisin sont très réalistes, elles sont épeurantes pour les jeunes enfants. »

Il ne faut pas le confondre avec « apeuré » et « effrayé » qui décrivent l’état de la personne qui a peur.

F

Ça va faire!

Ça suffit! C’est assez! (expression de colère ou d’impatience)
Exemple : « Ça fait vingt minutes que j’attends pour avoir une table dans ce restaurant. Bon, ça va faire : je vais aller voir s’il y a de la place ailleurs. »

Faire quelque chose « comme du monde »

Faire quelque chose bien, correctement, comme il se doit.
Exemple: « Arrête de faire n’importe quoi, fais ton travail comme du monde! »

Faire dur

Avoir une apparence ridicule, misérable ou déplaisante.
Exemple : « Ma voiture fait dur : elle est si rouillée qu’on ne voit même plus la peinture d’origine! »

Il fait frette

Cette expression est utilisée pour parler d’un froid intense. Au Québec, on l’utilise lorsque la température descend en dessous de -20° C ou que le refroidissement éolien (ou « facteur vent ») devient particulièrement mordant. Dans ces conditions, on évite de jouer dehors trop longtemps ou de faire de longues promenades dans les sentiers enneigés.

Au-dessus de -20° C, il fait juste « froid » et, comme c’est l’hiver, il n’y a rien d’exceptionnel à cela!

Se faire un fun noir

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a rien de macabre dans l’association du mot anglais «  fun  » et de la couleur noire : cela veut simplement dire « s’amuser beaucoup ».

H

Vocabulaire québécois de saison - l'habillement

Comment s’habille-t-on au Québec lorsqu’il fait « frette »? On couvre ses mains de mitaines qui gardent les doigts plus au chaud puisqu’ils ne sont pas séparés comme dans des gants. On enroule un foulard (une écharpe) autour du cou des adultes et un cache-cou protège celui des plus petits. Finalement, on met une tuque (un bonnet) sur la tête.

À noter que les mots « mitaines » et « foulard » existent aussi dans le reste de la francophonie mais qu’ils désignent des accessoires à but plus esthétique que protecteur!

Passer l'Halloween

Cette expression décrit l’activité de passer de maison en maison avec ses enfants pour demander des bonbons.

Les joies de l'hiver!

C’est ce que s’exclament de nombreux Québécois lorsqu’ils profitent des activités hivernales telles que le patin à glace, la randonnée en raquettes, le ski de fond, le ski alpin ou même la pêche sur la glace. Et rien de tel qu’une bonne bordée de neige pour faire un bonhomme ou une bataille de boules de neige! Tous vous le diront : la meilleure façon de combattre la déprime hivernale, c’est d’aller jouer dehors!

J

Jaser

Au Québec, ce verbe a le sens de « discuter de choses diverses et sans importance, bavarder, placoter ».

À ne pas confondre avec l’expression française « ça fait jaser », qui signifie qu’un évènement entraine ragots, rumeurs et commérages (généralement critiques et négatifs).

L

Lâcher son fou

Se défouler, laisser sortir son trop-plein d’énergie.
Exemple : « Les enfants sont restés enfermés dans la maison toute la fin de semaine à cause du froid. Aujourd’hui, ils vont lâcher leur fou dans la cour d’école. »

M

Magasiner

Faire des emplettes, faire les magasins, faire du shopping. C’est ce que font les nombreuses personnes qui passent de longues heures dans les centres commerciaux pour le plaisir de voir, d’essayer et d’acheter différents produits vestimentaires ou cosmétiques.

Il faut saisir la différence entre « magasiner » et « faire l’épicerie » (faire les courses), qui désigne des achats alimentaires, de subsistance, et n’est généralement pas considéré comme une activité récréative!

En masse

Beaucoup.
Exemple : « Il n’aura pas de problème à trouver un emploi après ses études. Il a en masse de contacts dans le domaine qu’il vise. »

Mettre sur les tablettes

Cette belle expression s’utilise lorsqu’un dossier jugé important est discrètement mis de côté, ou encore que des recommandations portant sur un problème criant sont poliment ignorées.

Dans la langue standard, on utilise l’équivalent « remettre quelque chose aux calendes grecques ». Au Québec, on retrouve également l’expression « mettre quelque chose sur la glace » et même le dérivé direct de l’expression, le verbe « tabletter ».

Mets-en!

Tu l’as dit! Tu as tout à fait raison!
Exemple :
« – Cette conférence était vraiment intéressante!
– Mets-en! »

N

Vocabulaire québécois de saison - la neige sous toutes ses formes

Voici quelques éléments typiques pour décrire l’hiver québécois : La bordée de neige (tempête de neige) de la fin décembre nous a laissé des bancs de neige (congères) sur le bord des rues. Nous avons eu quelques épisodes de poudrerie (blizzard) qui ont rendu les déplacements difficiles, surtout en voiture. Mais c’est vraiment la glace noire (verglas) qui cause le plus d’accidents. Il faudra attendre jusqu’au redoux (remontée des températures) pour que la neige et la glace se transforment en sloche (gadoue constituée de neige fondante et d’eau) puis disparaissent au retour du printemps.

Être né.e pour un petit pain

Venir d’un milieu modeste et ne pas viser plus haut dans la vie; être résigné.e face à un destin misérable.
Exemple : « Céline Dion n’était pas née pour un petit pain! Même si elle est née dans une famille nombreuse et modeste, son talent lui a permis de réaliser ses rêves et de devenir une vedette internationale. »

P

Pantoute

Pas du tout.
Exemple :
« – Est-ce que ça te dérange de garder mon chien pendant mes vacances?
– Pantoute! J’adore m’en occuper. »

Pas pire

Cette expression très répandue au Québec signifie « pas mal », « plutôt bien/bon ».
Exemple : « Hier, j’ai goûté une bière de microbrasserie qui n’était vraiment pas pire. »

Patente

Un truc, une chose, un objet sans grande valeur.

On retrouve aussi le verbe « patenter » qui signifie « bricoler, trouver une solution temporaire ».
Exemple: « La chaise était brisée mais j’ai patenté de quoi en attendant d’en racheter une autre. »

Pelleter par en avant

Cette expression imagée typiquement hivernale nous rappelle que, lorsqu’on a beaucoup de travail ou de problèmes, il faut le faire au fur et à mesure, et non pas toujours remettre les choses à plus tard, au risque de devoir alors s’attaquer à une véritable montagne. Méditez là-dessus la prochaine fois que vous déneigerez votre entrée de garage!

Être su'l piton

Vous avez été malade? Prenez du repos, allez voir votre médecin si les symptômes persistent et demandez conseil à votre pharmacien. Il y a surement un remède pour vous requinquer, vous remettre sur pied ou, comme on dit au Québec : « vous remettre su’l piton ».

C'est plate!

C’est ennuyant (mais aussi parfois « c’est dommage »).
Exemple: « Ce livre est vraiment plate : il faut attendre le chapitre 9 pour qu’il y ait de l’action! »

Pogner un rhume

Le verbe « pogner » est synonyme de « attraper ». L’hiver étant une saison propice aux virus et aux microbes, il n’est donc pas rare de pogner un rhume ou toute autre maladie contagieuse. Courage, le printemps finira par arriver!

Pousseux de crayon

Cette expression péjorative désigne les cols blancs, les employés de bureaux, ou plus généralement toute personne qui exécute un travail administratif et non un travail manuel ou physique. Elle est souvent utilisée pour critiquer ou juger négativement des personnes. À employer avec grande précaution!

Q

C'est quétaine!

C’est vieillot, démodé, de mauvais goût.
Exemple : « Mon voisin accroche toujours une grosse fleur à sa boutonnière, je trouve ça vraiment quétaine! »

S

Se faire passer un sapin

Cette expression fait référence au bois de sapin baumier, arbre qu’on décore à Noël mais qui est de piètre qualité. Si quelqu’un veut acheter du bois pour des travaux de construction ou d’ébénisterie, il préfèrera du bois plus noble comme l’épinette et ne voudra pas qu’on lui donne du sapin baumier à la place.

« Se faire passer un sapin » est utilisé de nos jours pour dire « se faire avoir, se faire tromper ».

S'encabaner

En hiver, il ne faut pas s’encabaner!
Ce joli verbe vient du nom « cabane » qui désigne un petit espace de rangement. S’encabaner, c’est donc « rester dans sa cabane (sa maison), ne pas sortir, rester cloitré chez soi ». Mais comme le disaient les membres du groupe Mes Aïeux dans leur chanson « Dégénération » : « Il ne faut pas rester encabané! » (surtout en hiver).

Serrer

Ranger quelque chose.
Exemple : « N’oublie pas de serrer la viande dans le frigo quand tu auras fini de cuisiner. »

En français standard, le verbe « serrer » s’utilise plutôt pour dire « exercer une pression avec sa main ou ses bras ».

Sur la coche

Souvent prononcée « s’a coche », cette expression signifie « être au point, être vraiment bon, être excellent ».
Exemple: « J’ai vu le spectacle de Céline Dion à Las Vegas : sa voix, les danseurs, les costumes, tout était s’a coche (fantastique, parfait, excellent)! »

T

Être tanné

En avoir marre, en avoir assez, être excédé.
Exemple : « Je suis tannée de l’hiver! À quand le printemps? »

Vocabulaire québécois de saison - la belle température de l'été

Pourquoi le présentateur de la météo parle-t-il d’une belle température?
Au Québec, on utilise couramment ce mot pour parler du temps en général, pas seulement du nombre de degrés que le thermomètre indiquera.

En été, il est important de vérifier non seulement s’il fera chaud, mais également s’il fera humide (c’est le fameux               « humidex »), car cela fait augmenter la sensation de chaleur (ce que l’on nomme « la température ressentie »). Le thermomètre peut par exemple indiquer 25°C, mais le facteur humidex peut vous faire ressentir jusqu’à 10 degrés de plus.

Tiguidou!

D’accord, pas de problème, ça marche.
Exemple:
« – Je t’invite au restaurant. On se rejoint là-bas vers 19 h?
– Tiguidou! »

Tire-toi une buche!

Viens t’asseoir près de nous, joins-toi à nous!

Cette belle expression s’applique particulièrement bien durant la saison estivale, alors que les discussions vont bon train autour du feu de camp et que les derniers arrivés à la soirée, faute de chaise, pourront utiliser une simple buche pour s’asseoir!

En titi

Beaucoup. C’est un diminutif d’un « sacre », c’est-à-dire une expression vulgaire empruntée au vocabulaire religieux. Sous cette forme abrégée, on peut l’utiliser dans la vie courante sans offenser qui que ce soit.
Exemple : « Il faut être courageux en titi pour parcourir l’Amazonie en solitaire. »

V

C'est de valeur!

C’est dommage, c’est regrettable.
Exemple : « C’est de valeur que tu aies manqué la réunion d’hier, on a discuté des points importants. »

Être vite sur ses patins

Cette expression reflète bien l’amour des Québécois pour les activités hivernales! En hockey sur glace, il faut avoir de bons réflexes et pouvoir réagir rapidement. C’est donc tout naturellement que ces qualités se sont transposées dans la langue à travers cette expression.

Y

Avoir les yeux dans la graisse de bines

Être fatigué dès le réveil, sentir qu’on n’est pas complètement réveillé, que la matinée ne sera pas des plus productives.
Exemple: « Je crois que j’ai fait une erreur dans le texte du courriel à envoyer, j’ai les yeux dans la graisse de bines ce matin! »